Aleatoire-Immanent

Aleatoire-Immanent

Face Nord


Le colibri et le canadair...

 ou la manipulation en étendard

 

 

 

"Initialement appelé Mouvement pour la Terre et l'Humanisme,  

Colibris tire son nom d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi : 

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d'eau avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou,  agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ?  Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » 

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »" 

 

 

 

Je ne suis pas un colibri qui se veut faire aussi gros qu'un canadair. 


Bien que je comprenne la satisfaction personnelle ressentie

en accomplissant sa "petite part", j'y vois aussi orgueil et vanité.

L'altruisme est une des façons de valoriser soi et ses croyances,

à ses propres yeux et à ceux des autres.

La seule raison d'être de ce qui vit est d'éprouver la vie, et le monde,

toute autre "mission à accomplir" n'est que construction, fabrication,

sous-produit d'un mental créant des pensées 24h/24,

de même nature que ce qu'on évacue tous les jours.

  

 

 

Répandre l'idée de "faire sa part" est de la manipulation,

pour amener l'individu à participer à une action collective,

visant à promouvoir le système de croyances de ceux

qui en sont à l'origine, à soumettre l'individu à ce même

système de croyances, et à asservir les consciences à

des valeurs posées comme incontestables.
 


 


 

Toute injonction de "mission à accomplir" ressort de la manipulation. 
 
 

Quand c'est pour se motiver soi-même, se donner une raison de vivre,  

 

chacun se dote des béquilles qu'il a sous la main.

Mais quand l'objectif est d'embrigader autrui, en le culpabilisant au passage, 
 

 

c'est de la manipulation de base, qui agit sur moi comme un répulsif.


La fable est émouvante à faire pleurer, bien manipulatrice,

les personnes qui s'y laissent prendre trouveront leur bonheur

en suivant le troupeau conformiste de la bonne conscience.


 


 

Un incendie n'est pas arrêté par des gouttes d'eau, 

 

il finit de sa belle mort quand il n'y a plus rien à brûler, 

 

d'où l'allumage de contre-feux pour lui couper les vivres. 

 

Les processus vont jusqu'à leurs termes, avec ou sans colibri.

 

 

 

 

Ce que j'apprécie chez les Témoins de Jéhova c'est leur :

     "Bonjour, nous sommes les Témoins de Jéhova"

Ce qui est sournois chez Pierre Rabhi et ses frères (colibri, nef, terre de liens, etc)

est qu'ils avancent masqués, et qu'au lieu de déclarer :

     "Bonjour, nous sommes les Anthroposophes,

adeptes de l'enseignement révélé de Rudolf Steiner,

nous sommes croyants, fondamentalistes, créationnistes et racialistes",

ils se présentent plein de bons sentiments écolos, quasi gauchos,

des petits saints qui font leur petite part pour le bien de l'humanité...

     alors qu'ils ne font que recruter pour leur paroisse. 

 

 

 

 

 


27/05/2012


De fanion à fanion...

ou l'art de se faire des amis   

 

 

Faut pas m'en vouloir si je n'adhère pas aux belles idées, je ne vois en elles que de beaux romans, que de belles histoires... 

 

Ne m'en veux pas si je ne crois pas aux mythes, ils ne sont pour moi que des contes puérils, et ne peuvent m'asservir... 

 

Ne me tient pas rigueur de ne pas éprouver la foi, ou plutôt les fois puisque chacun a la sienne, je ne suis pas un homme de foi, mais de doute absolu (et c'est plus planant que la foi)... 

 

Pardonne-moi de ne pas partager de valeurs morales, ces breloques qui font se croire digne, et gonfler le jabot... 

 

Veuille m'excuser de ne ressentir le besoin d'aucune loi, la seule que je m'autoriserais serait : "ni droit ni pouvoir pour et sur personne", mais elle n'est pas pour demain... 

 

Ne m'en veux pas de traiter toute pensée, toute idée, toute théorie, avec circonspection, à la manière d'un chasseur qui renifle les fèces laissées par un animal, car elles sont de même nature, un sous-produit de la digestion pour les unes, un sous-produit de l'activité cérébrale pour les autres, un autre de leurs points communs étant d'exhaler des effluves plus ou moins agréables... mais les goûts et les couleurs... 

 

Ne me condamne pas de ne respecter aucune croyance, ce ne sont que des béquilles qui nous aident à nous tenir debout et à vivre dans un monde virtuel à notre image, des béquilles qui nous portent certes mais qu'on traine aussi comme des boulets... 

 

Ne me jette pas la pierre si je dénigre toute conviction, ces voiles que nous tendons devant nous pour ne pas voir la réalité, ce qui est vain puisque de toutes façons il nous est difficile d'appréhender la réalité ... 

 

Ne m'envoie pas en stage de rééducation parce que j'ai dit non à la transcendance, que je suis libre de la dépendance au flux sensé ruisseler depuis les sphères célestes jusqu'à mon humble esprit, quand ce n'est que notre propre énergie qui nourrit ces hauts lieux imaginaires... 

 

Ne me dénonce pas au commissaire politique local si je refuse de faire allégeance au bienfaiteur de l'humanité du moment parce que je vois la misère dans son jeu... 

 

Pitié, ne me colle pas au poteau parce que je ne veux pas échanger mon baril de lessive pourrie mais bien à moi, contre deux barils d'une marque qui m'est inconnue et qui me parait de qualité suspecte... 

 

 

 

La meilleure définition de l'être vivant que j'ai en ce moment est celle ci : un pâté de sable humide, un château de sable, sur la plage, certains sont quasi immobiles leur vie durant comme les végétaux, d'autres sont animés, c'est à dire qu'ils se déplacent, mais en fait c'est toujours un pâté de sable, constitué  exactement des mêmes éléments que la plage, d'autres encore en plus arborent un petit drapeau, une bannière à leur couleur personnelle, un petit drapeau qui personnifie l'histoire que ce raconte à lui même et à son environnement, le cerveau (situé dans la partie supérieure, quand même) du pâté de sable.  

 

Même que des fois il s'agit d'un calicot publicitaire vantant un livre, "achetez mon livre" mais le plus souvent "lisez ce livre, il contient la vérité révélée", quand le pâté de sable s'est trouvé une vocation de pâté-sandwich, à moins que ce ne soit un destin de sandwich au pâté, si le pâté de sable se fait bouffer son destin par l’entité à laquelle s'est vendu son fanion.  

 

Alors je t'en prie, un peu d'humilité, nous ne sommes pas grand chose, mais c'est tout ce que nous avons. Nos pensées sont un sous produit, du caca, des feuilles mortes si tu préfères, elles s'envolent dans les airs, oui et c'est beau, mais elles sont vouées à la décomposition, au compostage, elles n'ont rien de sacré, elles n'ont pas à être vénérées, elles méritent au mieux quelques applaudissements, mais le plus souvent un éclat de rire moqueur suffit, avant l'oubli,...et le recyclage futur.  

 

 

Les êtres réclament notre bienveillance, les pensées y ont droit autant qu'à une feuille de journal.  

 

Ce qui ne veut pas dire que les pensées n'aient aucune force, ou importance,  

bien au contraire, notre monde humain mené par l'irrationnel est entièrement contrôlé par les idées, et certaines ont force de loi, c'est dire le malheur qui nous accable. 

 

Je ne se mesure pas la grandeur d'une personne à ses idées,  

  quoique qu'elles puissent être envoutantes,  

je ne la mesure pas à ses imperfections,  

  quoique qu'ils puissent être attendrissantes,  

je ne la mesure pas non plus à ses stratégies de préservation de son individualité,  

  quoique qu'elles puissent être étonnantes,  

je ne mesure pas la grandeur d'une personne ,  

  parce que chaque être est grand à sa propre mesure. 

 

Entre pâtés de sable prenons soin de nous,  

et rions de nos petits fanions que nous agitons comme des fous. 

 

 


18/01/2013


[4] Evidences, évidences !


 

 

 

Il y a quelques dizaines de siècles nos ancêtres ayant épuisé la faune et la flore sauvages dont ils se nourrissaient, ont été contraints par la crise alimentaire qui s'en suivit, de se courber vers le sol pour y cultiver des plantes nutritives, céréales et légumineuses. 

 

C'est ainsi que ceux qui passaient leur temps de façon ludique en chasses et en cueillettes, vivant quasiment au jour le jour, sans stock important, ont été réduits à devoir gratter la terre en plein soleil, à transporter sur leur dos terre, pierres, bois, récoltes et eaux, et à édifier greniers et silos pour y stocker en réserve pour l'année, la production de leur besogne. 

 

Ils ont construit une palissade autour du village pour sécuriser la réserve de vivres contre ceux qui avaient fait une mauvaise récolte, ou qui n'avaient pas de terre à exploiter. Ils ont formé une milice pour garder le mur d'enceinte, ils ont hissé un capitaine au poste de commandement, et qui a fini par exiger que ceux qui n'étaient pas soldats, le nourrissent lui et ses hommes, échappant ainsi aux corvées qui sont le lot des travaux agricoles. Car il est fréquent, devant une activité pénible, de se tourner vers ceux qui ne pourront pas refuser de s'y astreindre, les plus faibles. 

 

Une oligarchie est née, rackettant en échange de sa protection, une mafia organisée ensuite en une aristocratie. Les castes se sont figées, celui dont le père creuse la terre, creusera la terre, et celui dont le père est armé, sera armé, et vivra du travail des autres. 

 

L'organisation est la même chez ceux qui se sont fait éleveurs nomades de grands troupeaux, grâce au cheval. Le stock ici est le cheptel, et la primeur est laissée à ceux qui ont la charge de sa protection face aux menaces extérieures. 

Adversités qui peuvent être matérielles, tel un clan voisin ennemi, ou irrationnelles, comme la mauvaise disposition des dieux. 

 

L'objectif est la gestion, et la préservation, du stock d'une année sur l'autre ; son accaparement, sa protection, et sa redistribution. L'activité ludique du chasseur-cueilleur dans la nature est devenue l'obsession de profit pour le thésauriseur de blé, le jeu violent de "chien de berger" pour le milicien, et le servage pour la grande part du reste de la population, qui du point de vue des maîtres fait depuis longtemps partie du stock à gérer.  

 

Depuis l'invention de l'agriculture les groupes humains sont basiquement organisés sur le modèle de l'exploitation agricole : une ressource sur un territoire à faire mettre en valeur par une force de travail, contrainte si besoin, à l'aide de matériel et de savoir faire, pour un rendement maximum.  

 

La tâche la plus importante pour les propriétaires étant la gestion de la main d'oeuvre : elle se doit d'être soumise et appliquée à son emploi, et ce qui est moins mis en avant : elle se doit de rester dans sa condition modeste, elle ne doit pas bénéficier du même niveau de vie que ses maîtres, pour la raison principale que les ressources étant limitées elles leur sont réservées en priorité.  

 

D'où à travers l'histoire, les régulières périodes de faillites, où les petites gens qui avaient réussi à gagner un peu d'aisance sont contraints de brader leur lot à ceux qui sont "trop gros pour choir". Pour préserver la postérité des dynasties, le reste de l'humanité subit de manière cyclique une décroissance forcée, ou volontaire pour les sages, et les serviles. 

 

Beaucoup de progrès ont été réalisés depuis l'esclavage brutal, les nombreuses techniques de manipulation des individus et des groupes pallient efficacement aux fouets et aux chaînes. Aujourd'hui les récoltes sont engrangées dans les paradis fiscaux.

 

 

"Car une évidence historique dont on ne veut rien savoir dans le spectacle n’est plus une évidence."  

 

 

Comment pense la classe dirigeante, de Raul Zibechi dans la Jornada

 

Dans les premiers temps de l'humanité les hommes et les femmes étaient égaux les inégalites sont une invention tardive, de Hannah Devlin dans le Partage

 

La pathologie de la riche famille blanche, de Chris Hedges dans le Partage

 

 

 

 


01/04/2013


Communauté d'intérêts

      

             

 

 

 

             

 

 

La conduite du troupeau humain, le contrôle social, est depuis les premières civilisations, la tâche qui incombe à ceux des sommets de la hiérarchie. La construction des pyramides d'Egypte en est un parfait exemple : en évitant aux paysans l'oisiveté forcée durant la crue du Nil, ils étaient mobilisés à une oeuvre collective, fédératrice, d'union nationale. 

                                    

 

Pas de complot ourdi par les propriétaires du monde, mais une communauté d'intérêts bien compris par eux, entrainant un perfectionnement continu du système de croyances qui les fait perdurer. « Pourvu que ça dure » aurait dit la mère de Napoléon.                                          

Les premiers empereurs chinois étaient sensés intercéder pour que tout se passe bien avec les caprices des eaux du fleuve, en cas d'échec le trône risquait de changer de fesses. Mais l'important pour la perpétuation du système, est bien qu'il y ait toujours un trône, et une population qui ait besoin de personnages qui la protègent et qui intercèdent pour elle auprès d'instances supérieures.

                                            

Peu importe que la sécurité ainsi obtenue soit illusoire et que les instances supérieures soient des entités fictives, l'être humain se sent rassuré par un cadre idéologique bien construit, tout comme il l'est par les murs et le toit d'une hutte ou d'une maison. L'être humain est un être qui a besoin d'être abrité, de tous cotés.

 

                                                                                  

Naturel que cela éveille des vocations d'entrepreneurs, dont au moins un a réussi à combiner «la maison de maçon» avec «la télé de maçon», et même aujourd'hui «le téléphone de maçon», pour nous habiller pour l'hiver.

 

                                                                                                                

Avez-vous remarqué qu'une fois qu'une personne a adopté un carcan idéologique, dans sa jeunesse, il y a de grandes probabilités pour qu'elle le garde toute sa vie, même si à certains moments elle pourra être confrontée à des incohérences propres à son idéologie, par ailleurs inhérentes à tout système de croyances, la personne n'en changera pas, comme un bernard-l'ermite qui a trouvé sa coquille pour l'éternité. 

                                                                                                                   

 

Où se retrouve t-on quand on sort de son cadre de pensée ?

Où s'abime t-on si on n'est plus soutenu par ses croyances ?

Vers où s'envole t-on si on scie les chaines des idées qu'on trimballe ?

Nulle part, car il y a peu de chance que cela se produise.


04/04/2013


Attention danger rouage

 

 

Si ce n'est pas certain que l'ordre naisse du chaos, celui ci est nécessaire au profit, plus ça va mal, plus ça va couter cher. Dans toute cette confusion il est utile de rappeler quelques fondamentaux, en citant, par exemple et entre autres, A. David Néel qui les a exprimés clairement dans ses premiers écrits :  

 

"L'univers est-il donc chaotique ?

En l'univers s'enchevêtrent incessamment l'action et la réaction. A de lentes périodes d'évolution succèdent des bouleversements subits. Le cataclysme, détruisant une espèce d'êtres, donne naissance à une nouvelle espèce.

L'univers n'est ni l'ordre ni le désordre, il est la vie. 

--- 

L'ennemi, c'est le Maître, quel qu'il soit.

--- 

Le but de l'homme n'est pas de servir des idées abstraites : conceptions de son cerveau qu'il érige en idoles. Il n'a pas à s'efforcer d'être bon, honnête en vue d'une fantaisie de son imagination qu'il nomme la vertu, pas plus qu'il n'a à se proposer d'éviter ou de se livrer à une autre de ses créatures chimériques appelée par lui : le vice.

---
L'homme n'a pas à chercher son but en dehors de lui, il n'a à le placer en rien d'extérieur ; hommes ou idées.
Rien ne l'oblige à se contraindre pour atteindre une fin quelconque. Il n'en a point d'autre que d'être lui même, tel que la nature la fait et de se conserver tel, en préservant son individualité contre ce qui est susceptible de l'amoindrir ou lui causer de la souffrance.
 

---
L'humanité en général, pas plus que l'individu en particulier, n'a comme but d'être grande, glorieuse, de travailler, d'être ni de faire n'importe quoi. Production de l'univers, elle a surgi un jour en lui et elle continuera d'exister jusqu'à ce que les circonstances qui ont permis son apparition venant à se modifier, elle disparaisse dans l'éternelle succession des transformations de la matière : de Cela qui est Est. "

 

 

Cette idée que l'individu aurait une part à faire, sa propre part, nous vient du temps où les êtres humains, partie intégrante de la nature au même titre que les autres êtres, se sont placés au dessus d'elle et se sont vus la soumettre, ont inventé l'agriculture, et ont commencé à s'adonner à l'exploitation de la terre, et de son biotope, pour continuer à se perpétuer.

Dans une exploitation agricole, ou industrielle, chaque individu, tel un rouage dans une machine, a sa tâche à accomplir, d'où la formule populaire : "celui qui ne travaille pas ne mange pas". C'est la soumission au fonctionnement de la machine qui est exigée des individus, sous peine de relégation et d'exclusion du groupe. 

Est aussi requise, la soumission à l'autorité exercée par la hiérarchie. Organisation du groupe en castes, en classes, que nous devons aussi au modèle conceptuel qui a été mis en place à cette époque là, où l'Homme domine la Création, qui est là pour son service, au dessus de lui sont les dieux, les esprits, "l'Esprit", les éléments et les intempéries, ce que l'homme ne contrôle pas, et en dessous de lui se trouvent les femmes, les enfants, les serfs, les esclaves, les animaux domestiques, et le territoire mis en valeur.

La nature est soumise à l'Homme, qui lui se soumet à Dieu. La hiérarchisation du monde, (Divin/Homme/Création), implique la hiérarchisation de la société, (clergé/noblesse/objets). C'est la chosification du monde, sa réification, en vue de sa domestication et de son appropriation.

 

Il n'est pas étonnant que quelqu'un comme Pierre Rabhi (PR) s'inscrive dans ce schéma traditionnel, levant comme un étendard sa fable mignonnette du petit colibri qui, "lui", fait sa part, (le "lui" est là pour la manipulation, pour le recrutement), c'est un croyant, converti au catholicisme, adhérant à la vision transcendantale et hiérarchisée du monde : Divin/Homme/Création ; et par extension à la hiérarchisation de la société : l'homme instruit, "conscientisé", doit diriger, et gérer, le troupeau des humains moins évolués ; et d'ailleurs il le trouve trop peuplé ce troupeau, je ne sais par quel bout il aimerait le dépeupler, mais remettre en cause l'organisation pyramidale de la société n'est pas dans ses objectifs, donc il approuvera la décroissance forcée imposée au "gros des troupes", et par l'essaimage de ses idées, belles, simples et bien emballées, il aidera à canaliser les velléités de révoltes, à faire accepter, et mieux : à faire désirer la "décroissance" aux appauvris de force, afin qu'il reste assez de ressources pour que les propriétaires de la planète aient le temps pour embarquer vers des cieux plus neufs. 

PR en sera récompensé en ce bas monde dans peu de temps, à moins qu'ils n'en fassent un martyr. 

 

"La règle générale est qu'il y a un profit dans la confusion; plus la confusion est grande, plus le profit est grand. Ainsi, la meilleure approche est de créer des problèmes, et ensuite d'offrir des solutions." Anonyme

 

PR, avec son discours superficiel et séduisant par ses lieux communs, apporte des solutions : acceptez, souhaitez, la décroissance, pour le bien et l'avenir de l'humanité, tout en préservant le tabou de la remise en cause de l'ordre social. Thrive, de Procter & Gamble, (trop drôle), fait la même chose en plus technologique et plus clinquant. Le "rève of life" de la consommation ne vous satisfait plus? Bougez pas, nous avons ce qu'il vous faut.

 

PR est apparemment un saint*, au sens où le "saint est dans l'amour", c'est ce qui fait son charisme.    

Mais charisme et amour n'augurent pas du fait d'être bénéfique ou nuisible à ses semblables, et encore moins en ce qui concerne les personnes qui adhéreront et suivront les idées du personnage. Voir ce qu'a pu donner le charisme et l'amour d'un Jésus Christ (JC) au fil des siècles.

Quand bien même PR serait JC, quand bien même les faits historiques des derniers 20 siècles seraient censurés, il en reste pas moins que l'histoire de la chrétienté est une suite de conquêtes et de massacres, de village rasant le village voisin, de nation détruisant une autre nation, pour la plus grande gloire de "Notre Seigneur".

Comment peut-on croire qu'il pourrait en être autrement quand des gens s'assemblent pour porter aux nues un personnage avec des idées aussi jolies soient-elles, la force du collectif qui se met en marche pour le meilleur, le fait aussi forcément pour le pire, parce que le pire est inhérent au collectif.

 

Les individus se joignent à un collectif pour échapper à leur propre misère individuelle, qu'elle soit matérielle, affective ou intellectuelle. Il en résulte que le collectif est un déni de la misère individuelle, déni élevé à la puissance du nombre de ses membres, c'est une fuite en avant violente et irrationnelle exacerbée par le nombre, une plongée grisante dans le vide, entouré de semblables à soi, poursuivis par la conscience de leurs propres misères individuelles.

Le collectif : c'est un troupeau de lemmings au jour du grand saut dans la communion finale.  

 

Qu'un militant des "Colibris" soit aveugle à la part de manipulation exposée par PR dans la fable du colibri est la démonstration de l'altération du discernement qui s'opère quand un individu devient adhérent à une idéologie. Une réaction saine pourrait être : "oui c'est de la manipulation, mais c'est pour la bonne cause", mais un adhérent n'a plus toute sa tête, une partie de son cerveau appartient désormais à une idée, à un guide, à un maître. Les asservis y sont un peu pour quelque chose dans leurs asservissements. Les maîtres, les dominants ne font que répondre au besoin de sécurité matérielle et au besoin de sens, espérés par les dominés.

La plupart des gens ont intégré en eux le fait d'être dominés et en ont fait une norme, si bien que plutôt que de s'affranchir de leur condition, ils se cherchent un Maître. Un bon Maître. "Not'e bon Maît'e". Les plus atteints seront prêts à tuer et à mourir pour lui.

 

Attention à toi petit rouage, Eichmann aussi n'était qu'un rouage, (voir Hanna Harendt), qui oui c'est vrai des fois avait des ratés : des trains n'arrivaient pas à l'heure ; et qui aurait été incapable de trucider quelqu'un pour son compte propre, qui ne nourrissait personnellement de haine meurtrière à l'encontre de personne, et qui n'a fait qu'obéir à la hiérarchie du collectif auquel il appartenait corps et âme, parce que soumis et vaguement adhérant aux idées de son chef.  

 

Au "ne travaillez jamais" des situationnistes, j'ajoute le "n'adhérez jamais" qui est dans ma nature.

 

 

" Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on 

Est plus de quatre on est une bande de cons. "

 

 

 

 

*Ajout du 8 décembre 2013, après avoir vu le film qui lui est consacré : "Au nom de la Terre, Pierre Rabhi". 

J'ai l'intuition que PR n'est pas "dans l'amour", qu'il ne ressent pas plus d'amour envers l'humanité que le commun des mortels, et que son aura de sainteté ne tient que par l'adulation que lui vouent ses fans les plus fervents. 

Il est seulement dans l'idéologie qu'il s'est forgée depuis sa jeunesse, dans la survalorisation de son égo, la vanité, l'orgueil. Le personnage cultive sa destinée messianique, ce qui en fait un moins dangereux manipulateur que s'il était doublé d'un saint.

 

 

Et ça commence à se voir : 

 

"Le cas Rabhi nié" de Joseph G. blogs.mediapart 17.04.2014

 

Rabhi l'écogourou sur le chemin de Compostage 20.04.2014

 

Pierre Rabhi et l'anthroposophie 13.03.2014

 

 


17/05/2013


Devenir autonome ?

 

 

 

A ceux qui veulent devenir autonomes.

Mettre en pratique votre désir d'autonomie, c'est commencer par :

- renoncer à chercher votre berger telle une brebis égarée en manque d'un troupeau,


- vous abstenir de réclamer un guide pour vous montrer la voie, qui va vous cadrer dans la sienne de voie,


- abandonner votre quête d'un Maître à qui vous soumettre pour jouir d'une illusion de sécurité aux dépens de votre liberté,


- cesser de vouer un culte à telle personnalité charismatique qui ne vise que votre asservissement à sa personne ou à son idéologie,


- vous retenir d'adresser vos louanges à tel ou tel que vous tenez pour un saint alors que c'est un être humain avec ses propres motivations,


- vous dispenser de suivre le bienfaiteur de l'humanité du moment, et plutôt essayer de comprendre quels sont les intérêts en jeu pour le faire passer pour tel.



              Depuis des siècles beaucoup d'être humains ont sacrifié leur vie, ont gâché la vie de leur semblables, certains en sont morts, certains ont dû tuer, parce qu'ils ont suivi aveuglément un guide, parce qu'ils ont mis leur confiance en un berger... Il n'y a pas de bon guide, il n'y a pas de bon berger. 

Guides, bergers, comme les loups, vivent aux dépens des troupeaux qui sont sur leur territoire.

 C'est être encore immature de chercher sage, saint et héros, en dehors de soi.
 

 Mais si vraiment vous ne pouvez pas vous passer d'aduler un personnage, alors je vous propose celui ci :   Mr. Johnny Barnes,  à qui on ne peut reprocher de manipuler l'autre afin de le dominer et l'asservir, quoiqu'en lui édifiant une statue de son vivant la collectivité vient de reconnaître son pouvoir.

Si donc l'adeptat est votre vocation, si vous ne pouvez pas vous passer d'exprimer votre besoin de dévotion, tâchez au moins de vous mettre sous la houlette d'une personnalité à l'idéologie au moins aussi inoffensive que celle de Johnny Barnes.

 

 

Pour être autonome, créez votre propre étoile et suivez la.


Je vous aime.

 

 





 

 

 


28/12/2013


Trésor

 

 

Un élément est apparu avec la révolution néolithique, (la pratique de l'agriculture), un élément inconnu de l"humanité depuis son origine il y a des centaines de milliers d'années, c'est le stock. Evidemment lié aux moyens et aux capacités de stockage, (conteneurs, silos, conservation, domestication, gardiennage ), stock lié aussi à sa gestion due à la nécessité de boucler l'année avec l'unique récolte annuelle, à sa préservation d'une année sur l'autre, à sa défense contre les voisins ou les pillards, sous peine de famine. 


Les plus forts, les mieux armés par la nature, les hommes, sont devenus les protecteurs de ce stock, et le plus fort, ou le plus violent, des hommes, est devenu le seigneur local.


Si l'invention de l'agriculture a permis de nourrir plus de gens, - quoique que pendant longtemps ils furent plus petits et moins vigoureux que leurs ancêtres chasseurs-cueilleurs -, elle a initié presque partout la domination masculine, la hiérarchisation de la société, la servitude, la thésaurisation et la guerre. 


Mais ce n'est que passager, parce qu'à plus ou moins long terme, aux espaces agricoles succède le désert...


01/09/2015


Future bulle

 

 

Ce n'est pas tant que le monde serait fini, qui serait une limite à la croissance, car fini il n'est pas : parce qu'il se renouvelle chaque jour, se transforme et évolue continuellement, la plupart des ressources nécessaires à la vie sont crées et recrées en permanence par la nature.


Non, le réel problème est qu'il est fermé, que nous y vivons comme dans une bulle, que chaque élément polluant que nous créons contamine durablement l'intérieur de cette bulle, sans qu'il soit possible de s'en débarrasser, hormis de l'envoyer dans l'espace ou dans le magma terrestre.


La limite réelle est l'inéluctable contamination mortelle croissante de notre espace vital.


Aussi, il est raisonnable de prévoir que les espèces qui nous succèderons seront celles qui aujourd'hui sont les mieux adaptées aux pollutions (chimiques, physiques, radioactives), soit principalement les araignées.

De plus c'est une famille où il y a un potentiel de développement de sociabilité et d'intelligence. Nous leurs souhaitons bonne chance. 

 

 


01/09/2015


Bricolage & Baratin

 

 

«sans le feu nous faisions plus long feu»
bien que ce soit de moi, çà n’a pas de sens :
le feu a été trouvé 500000 ans avant sapiens.

 

Nous sommes une espèce industrieuse,
chacun est toujours entrain de bricoler quelque chose,
la bombe atomique pourrait concourir pour le premier prix en matière d’art,
dans la catégorie meilleure efficacité par rapport à son poids ;

 

et nous sommes une espèce qui aime à se raconter des histoires,
notre cerveau est sans arrêt occupé à échafauder un récit ou un autre,
les religions du livre peuvent se disputer le titre de summum du genre,
au rayon épouvante étant les œuvres de fiction les plus applaudies.

 

Bien sûr, nous aurions pu essayer de nous limiter à l’art du filage de la laine pour nous faire des jolis pulls bien chauds, en nous racontant des histoires d’elfes et de gnomes qui se lutinent dans les bois, mais je suis sûr que nous n’aurions pas tenu la longueur du film… plus de 100000 ans quand même…

 

Parce que voilà, nous sommes une espèce industrieuse et la création artistique n’ayant pas de fin, nous sommes voués à bricoler des objets toujours plus brillants, en nous racontant des fables de plus en plus extravagantes pour servir de justification à notre industrieusité débridée.

 

Jusqu’au jour où des fondamentalistes auront entre les mains une bombe A…
Ah ? Ils l’ont déjà ? Et marde… 

 

 

Ecrit en commentaire de cet article d'Anne Archet


08/10/2016