Aleatoire-Immanent

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Fin de règne du nègre de maison

           Dans les États Unis d'Amérique d’avant la guerre civile, une exploitation agricole était composée à son sommet du maître et de sa famille, puis des domestiques: les nègres de maison, au service direct du maître et profitant un peu du confort de la maison, et enfin les esclaves les plus nombreux: les nègres des champs, aux conditions de vie plus dures.

 

             Aujourd’hui sonne l’heure de la révolte des nègres des champs, qui ne craignent plus ni ne respectent plus le maître, et qui s’en émancipent.

Par ailleurs et depuis un certain temps, le maître trouvait qu’il entretenait trop de nègres de maison, qui consomment trop de ressources et qui coûtent plus qu'ils ne lui rapportent.

 

              Dans la mesure où les nègres des champs révoltés nourrissaient les nègres de la maison du maître, ceux-ci seront les premiers à devoir retourner dans les champs pour cultiver leur nourriture, ou à disparaître.

Le maître trouvera en eux ses nouveaux nègres des champs, avec des conditions de vie bien plus dures que celles à l’intérieur de la maison du maître.

 

             Anticipant ce déclassement, le nègre de maison doit se défaire de sa dépendance à la maison-providence du maître, et développer soit sa propre autonomie, soit des qualités précieuses pour un collectif autonome. Ou émigrer hors Occident. FUIR!

 

 

« Mais pourquoi nous haïssent-ils tant ? » se demandait naïvement G.W. Bush

 

«... Vous devez lire l'histoire de l'esclavage pour comprendre ceci. Il y avait deux types de « nègres ». Il y avait le « Nègre de maison » et le « Nègre des champs ».

Et le Nègre de maison prenait toujours soin de son maître. Quand le Nègre des champs dépassait les limites, il le ramenait à l’ordre et le renvoyait à la plantation.

Le Nègre de maison pouvait se permettre de faire çà car il vivait mieux que le Nègre des champs. Il mangeait mieux, il s'habillait mieux, et il vivait dans une meilleure maison.

Il vivait juste à côté de son maître, dans le grenier ou le sous-sol.

Il mangeait la même nourriture que son maître et portait les mêmes habits. Et il pouvait parler tout comme son maître avec une bonne diction.

Et il aimait son maître bien plus que le maître ne s'aimait lui-même.

C'est pourquoi il ne voulait voir son maître blessé. Si le maître tombait malade, il disait « Qu'est-ce qu'il y a Patron, nous sommes malades ? ». Il était autant malade que son maître.

Quand la maison du maître prenait feu, il essayait d'éteindre le feu. Il ne voulait pas que la maison de son maître soit brûlée.

Il n'a jamais voulu que la propriété de son maître soit menacée. Et il la défendait bien plus que son maître lui-même.

Voilà ce qu'était le Nègre de maison.

Mais vous aviez les Nègres des champs, qui eux vivaient dans des huttes et n'avaient rien à perdre.

Ils portaient les pires sortes de vêtements. Ils mangeaient la pire nourriture. Et vivaient l'enfer et subissaient les coups de fouet.

Ils haïssaient leur maître. Oh oui, ils le haïssaient.

Si le maître tombait malade, ils priaient pour que le maître meurt.

Si la maison du maître brûlait, ils priaient pour qu'un vent fort vienne encore plus attiser le feu. C'était la différence entre les deux.

Et aujourd'hui vous avez encore des Nègres de maison et des Nègres des champs.»

Malcom X,  4 février 1965, Selma, Alabama ,
17 jours avant d'être assassiné.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=gy51b8I1zW8

 



23/06/2023